Fred Hicks & Fate: quand la gratuité rapporte

Fred Hick est l’homme derrière une maison d’édition, Evil Hat, qui publie en outre la gamme FATE et des jeux dérivés de celui-ci. Comme 500NDG a eu à traiter avec lui à trois reprises,  du temps de Narrativiste.eu, pour la publication de Mnémosyne, celle de Spirit of the Century et maintenant celle de Fate, je crois qu’il me faut parler de lui, au risque de passer pour un fayot…

Un yankee qu’il est cool

Dans un monde de surabondance d’offre en produits culturels (et c’est le cas dans le monde des jeux en général), l’important, c’est déjà d’arriver à ne pas être noyé dans la masse et d’attirer l’attention sur son existence. Pour cela, être « génial » ou « talentueux » ne suffit pas. Les capitaux pour disposer de publicité, ça aide, mais finalement, ça ne va pas très loin. Surtout qu’il faut beaucoup de moyens, pour un résultat maigre.

Fred Hicks est donc assez tôt (il y a plus de 10 ans) arrivé à une conclusion : rien ne sert de « protéger » à tout prix ses jeux. Il n’avait pas grand chose à y gagner, et tout à y perdre. En effet, s’il voulait que son système générique, Fate (pour ceux qui à ce point, se demandent de quoi je parle : http://fr.ulule.com/fate-vf/) soit connu et utilisé,  il fallait que le maximum de personnes le connaisse, d’abord, et puissent l’utiliser ensuite, librement, sans la barrière de l’achat.

Ce fut ce qui arriva. Et à chaque fois, Fate était davantage visible, et toujours plus adopté. En somme Evil Hat avait mis en branle un cercle vertueux auto-alimenté.

C’est ainsi, probablement, outre ses qualités, que le SRD de Fate (et les autres jeux Fate) ont conduit à une masse critique d’usagers au point de devenir le succès que l’on sait outre atlantique.

Fred Hicks a d’une certaine manière encouragé la copie de ses œuvres et généralisé le principe des « versions gratuites » des ses jeux, finalement très proches des version imprimées. Tout le contraire des grandes sociétés de l’industrie musicale, par exemple, et de leurs atermoiements sur les supposées pertes dues au « piratage ». Ce qui n’empêche pas Evil Hat de gagner sur tous les tableaux.

Et on le lui rend bien

Bien sur, il fabrique et vend au passage du matériel estampillé « Fate ». En clair, au lieu de s’acharner à protéger son « livre des règles », reproductible aujourd’hui comme un simple mp3, il a reporté l’objet de son business sur quelque chose de non ‘ou difficilement) reproductible : dés, decks, etc…y compris un jeu de plateau. Le livre des règles ne devient, économiquement parlant, qu’une sorte de tremplin, un peu comme une publicité pour un produit physique traditionnel.

Mais ce n’est qu’une minuscule partie du « retour » qu’il reçoit. En réalité, la principale ressource de Evil Hat, c’est Evil Hat. La marque, l’aura de ses créateurs. En favorisant la dispersion du système, il a augmenté le nombre des « suiveurs » et acquit une image positive qui est à la source des résultats lors des campagne sur Kickstarter ou sur les étals des boutiques. Ce qu’il conserve donc de sa « propriété », c’est juste la distinction entre « une création de Evil hat » (qui peut être utilisée par n’importe qui – le « powered by Fate »), et « c’est bien Evil Hat lui même qui le publie » (Fate TM). Et ça suffit.

On pourrait taxer Fred de machiavélisme. Je peux vous dire que pour avoir traité avec lui, c’est tout le contraire qui est vrai: il répond sans détours, avec des solutions simples et sans formalisme ni paperasse. Et avec une grande générosité. Qui, diront les plus chagrins, est aussi permise par la taille de son marché et par les résultats, mais ça n’enlève rien à son mérite : je vois peu d’entreprises culturelles, surtout des moyennes/grosses, se comporter ainsi.

Bref, Fred Hicks innove. Ou plutôt je devrais dire ils innovent, tant les auteurs/entrepreneurs de la « scène » des storygames US sont souvent sur cette longueur d’onde, même si aucun ne parvient à de tels résultats commerciaux.

La moindre des choses, c’était donc qu’en traduisant les premiers jeux Fate, on adopte la même attitude avec les futurs SRD (celui de Spirit of the century étant déjà publié).

C’est aussi la raison pour laquelle tous les pdfs Fate VF sont inclus dans toutes les pledges à partir de maintenant, en plus du futur SRD. C’est aussi la raison pour laquelle Fate, en plus de ses qualités intrinsèques, finira aussi  par se répandre massivement en France, comme il le fait déjà ailleurs en Europe et au delà.

Voila une bonne occasion de conclure en rappelant qu’ Il reste 16 jours pour être de la première vague, celle de la souscription à la VF de Fate.

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