Je suis Providence, la somme ultime sur HPL ?

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Non, le projet « Horreur Cosmique » n’est pas abandonné. au contraire, la version alpha du jeu est prête et n’attend que la mise en maquette. L’occasion d’attirer votre attention, si ce n’est déjà fait, sur un livre que 500NDG soutien et qui servira probablement à alimenter les versions ultérieures du jeu, « Je suis providence ». Comme le projet, proposé sur ulule, se termine sous une semaine, j’ai posé quelques questions à ActuSF qui a bien voulu y répondre.

Biographie…ou hagiographie ? Le mythe de HPL (le reclus de providence…) est bien ancré. Vous allez tuer le mystère et nous le présenter comme un homme  banal ?

Que l’on aime ou pas H. P. Lovecraft, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne laisse personne indifférents ! Tout le monde y va de son idée – réelle, ou fantasmée – sur l’auteur : solitaire, raciste, autiste,  mystique…

Je suis Providence représente plus de trois années de travail de la part de S. T Joshi ! Une somme considérable de données sur l’auteur américain. Alors, cela présente H. P. Lovecraft comme un homme banal, mais ces plus de mille pages vont en tout cas permettre une approche exhaustive et documentée du « Reclus de providence ». De quoi avoir des éléments solides – et actualisés – sur celui que l’on surnomme le père de l’horreur contemporaine.

 

– Est ce que c’est la première du genre ? Quelles différences d’interprétation ou de méthode avec les autres ouvrages du même type ?

La force de Je suis Providence, c’est sa quasi exhaustivité sur le H. P Lovecraft. Comme le dit Christophe Thill, directeur de l’ouvrage Je suis Providence  dans son interview  (http://www.actusf.com/spip/Interview-2017-Christophe-Thill.html) : On n’y apprend pas « des choses ». On y apprend TOUT.

Ce n’est pas pour rien que tout les spécialistes de H. P Lovecraft se référèrent ce ce travail : c’est une véritable référence sur l’auteur – LA référence. Et ce n’est pas pour rien que personne ne soit encore  attaqué à la traduction de ce monstre  : plus de 3 millions de signes soit 1400 pages c’est un TRES gros projet éditorial avec d’énormes coûts de traduction.

Enfin, l’auteur S. T Joshi, a réalisé une première version  à la fin des années 2000 qui avait été tronqué en partie pour limiter taille de l’ouvrage. Nous parlons là de la version complète et réactualisée, sortie en deux tomes récemment. Il manquait peut-être justement en France, d’une étude récente sur H. P Lovecraft car les précédentes commencent à dater un peu.

 

– Je suppose que le rôle de Delerth est abordé…

Là encore, l’exhaustivité de l’approche de S.T Joshi aborde les liens que H. P Lovecraft entretenait avec  ses contemporains, et bien entendu August Derleth, qui a joué un rôle important dans la survivance de l’œuvre de l’auteur après sa mort.

 

– Tu peux nous en dire plus pour ceux qui ne sont pas familiers du sujet ?

Là encore, je vais citer Chrsitpohe Thill qui résume l contenu de Je suis Providence bien mieux que moi  :

 

Joshi part des origines de la famille Lovecraft. Il détaille la carrière du grand-père Whipple Phillips, entrepreneur aventurier et grande influence sur le petit Howard. Il traite, de façon à la fois chronologique et thématique, toutes les étapes de la vie de celui-ci, tous les thèmes qui tournent autour de lui et de son oeuvre. Comment le jeune Lovecraft s’est-il passionné pour l’horreur et le fantastique ? Comment a-t-il fait une plongée dans les ténèbres, et grâce à quoi en est-il ressorti ? Qui étaient ses amis ? Que pensait-il de tel ou tel sujet artistique, politique, philosophique ? Quelles célébrités du monde culturel américain de l’entre-deux-guerres a-t-il côtoyées à certaines occasions ? Quels étaient ses rapports avec la poésie ? Où et comment a-t-il voyagé ? Quelle est l’histoire de son mariage ? Quelles ont été les circonstances de l’écriture de telle nouvelle ou essai ?

Quand je disais que c’était en travail exhaustif et complet, vous voyez que je ne mentais pas. Il y a de la matière dans cette biographie de S T Joshi !

– Au final, le « Mythos » est il une sorte de panthéon organisé…ou un simple jeu mouvant à usage de son cercle. Que penses-tu ?

Je pense qu’aujourd’hui Le Mythe a tellement « suinté » dans les milieux comme le jeu de rôle, le jeu vidéo, la BD, le cinéma… qu’il dépasse largement le cadre du simple jeu littéraire pour initiée. La pop culture s’en est emparée et c’est tant mieux. Le mythe est devenue un état d’esprit, Cthulhu une icône geek… C’est peut-être justement le moment de rappeler avec une œuvre comme Je suis Providence, l’origine de ce phénomène qui nous touche tous aujourd’hui.

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– Est ce que tu penses que HPL se serait retrouvé dans cette utilisation ? Lui qui cultivait un certain gout affiché pour le passé (le 18eme ?), et qui était déjà décalé par rapport aux goûts de son époque. Je veux dire, c’était quelqu’un de très ancré dans une certain idée de la littérature, de l’imaginaire. 
À un certain moment, l’œuvre n’appartient plus  à son auteur. C’est le cas dés que le livre est publié est que lectorat s’en empare. Qu’est-ce qui fait vivre le mythe Harry Potter  au quotidien : J. K Rowling ou ses fans ?

Pour le mythe de Cthulhu, c’est pareil, et H. P. Lovecraft s’y plierait comme les autres aujourd’hui. À mon avis, protéger une ouvre à tout prix n’a plus de sens dans la monde actuel. C’est même contre-productif.  En tant qu’auteur, il faut mettre son orgueil de côté et être fier que des gens  s’emparent d’un livre pour leur faire vivre de son côté. Et surtout – contrairement à certains arguments qui sont parfois avancés par les auteurs – il ne faut pas prendre les lecteurs pour des idiots : ils savent très bien faire la part des choses entre fan fiction et l’œuvre originale.

 

illustration de M. McClinton en cours pour le tome 2 des romans de la Laverie

illustration de M. McClinton en cours pour le tome 2 des romans de la Laverie

– 500NDG, publie depuis un an, sur ExoGlyphes la série La Laverie de Charles Stross qui est un bel exemple de continuation du mythe. Selon toi, quels auteurs peuvent être considérés aujourd’hui comme les continuateurs du genre de l’Horreur Cosmique ?

Difficile question car entre les continuateurs et ceux qui rendent hommages à Lovecraft, la limite est parfois mince. Surtout que personne n’a déjà le même point de vue sur le corpus original et les œuvres « officielles » qui composent le mythe de Cthulhu, alors « adouber » des continuateurs…

Charles Stross en est un bel exemple, je pense aussi à de jeunes auteurs comme Ruthanna Emrys qui vient de publier en anglais chez Tor Winter Tide, le premier tome de son Innsmouth Legacy, les Hellboy de Mike Mignola, sont à leur façon des continuateurs su mythe ou plus récemment, l’excellente saison 1 de True Detective (même si le récit se rattache davantage au recueil du Roi en jaune de Chambers que d’une nouvelle de Lovecraft)

Sans compter que des auteurs connus ont parfois publié des romans en lien avec le mythe, et qu’on les a oubliés. Je pense par exemple à  Roger Zelazany et son Songe d’une nuit d’octobre que nous ressortons en janvier prochain aux éditions actusf. L’auteur de la saga des Neuf princes d’Ambre fait un mélange entre steampunk et le mythe de Cthulhu qui est, à mon avis, on ne peu plus dans l’air du temps. Et il y a bien d’autres auteurs dans ce cas : même Neil Gaiman (avec son Étude en vert) et Stephen King ont fait des nouvelles dans l’univers du mythe !

Pour soutenir Je suis Providence sur Ulule : https://fr.ulule.com/biographie-lovecraft/

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