Horreur Cosmique atelier #6 : le mytho-tron, toi aussi, crée ton poulpe au pied levé

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J’avais dit qu’a chaque atelier de Horreur Cosmique, je rebondirai sur les commentaires, autant que possible. C’est le cas ici, avec le « mytho-tron » et son monde d’emploi. Avec ça, nous entrons de plein pied dans le vif du sujet – le système de jeu.

 

Dans l’atelier 4 , Sildoenfein faisait la remarque suivante, en réponse au principe du MJ « ne nomme pas les entités » :

je suis ambivalent là-dessus. Je saisis l’intérêt et les raisons du principe en théorie. Mais en pratiques, si tu ne présente pas un nom aux joueurs, ils vont en donner un pour pouvoir en parler et il y a une bonne chance que celui-ci déforce l’horreur (surtout s’ils se sentent menacés dès le départ). Les PNJ de toutes façons vont en donner un en en parlant (a fortiori s’il y a articles de presse). Cela fonctionne beaucoup mieux à l’écriture qu’à une table de jeux.

Il y a donc clairement un problème pratique à résoudre, sur lequel Je me suis penché. Voici donc ma proposition, le mytho-tron 0.1, et son mode d’emploi.

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1qnG5Cz9LcR1Ed4twQxluHmjEFG1s34wffc6NX3Iv2ew/edit?usp=sharing

Vous pouvez contribuer librement à l’enrichir en ajoutant des termes (en rouge), et/ou en commentant ici pour en débattre ou discuter de sa structure. Ou tout simplement pour que je puisse connaitre l’innommable contributeur que je dois créditer.

Comment l’utiliser : simplement en combinant une ou plusieurs colonnes selon le schéma du tableau ci dessous

Pourquoi faire : pour que le MJ puisse improviser, ou tout au moins, pour l’instant, nommer, à destination des joueurs, ses bestioles à la volée, sans déflorer l’ambiance (on y revient plus loin)

Si on jette un coup d’œil au mythe, on se rend en effet compte que les structures d’appellation chez Lovecrat (et les autres) les plus communes sont les suivantes, par ordre décroissant :

B+A L’homme noir, le peuple blanc (Machen), la larve stellaire
(A) + B+D La chose sur le seuil, Le peuple de l’abîme (Meritt), ceux des profondeurs, la maigre bête de la nuit
B+C+D La couleur tombée du ciel, celui qui murmurait dans les ténèbres
B+F+A La chose au rictus de mort, la silhouette au chant grotesque
 (A) + B+ E Les chiens de Tindalos, l’insecte de Shaggai, la grande race de Yith, le(s) cauchemar(s) d’Insmouth
 Cthulhu, Azathoth

 

La première est la plus facile en terme de gameplay, car la plus courte. On cours moins de risque que les joueurs la déforment pour des expressions plus pittoresque (« le poulpe », etc…). C’est celle que vous donnerez aux joueurs lors d’un contact « direct », même très partiel. C’est en quelque sorte un résumé descriptif avec des connotations inquiétantes. Ce qui est inquiétant, justement, c’est l’aspect lacunaire de l’information. A ce stade, la chose peut encore revêtir bien des réalités.

Les deux formes suivantes, un peu plus longues, sont un peu plus difficile à utiliser en cours de jeu bien que sonnant mieux. Celle suivant, en italique, est une variante expérimentale, à développer (?). C’est peut être sous ces appellations que la chose sera nommée par des témoins, direct ou indirects, c’est à dire dans certains ouvrages ou témoignages

La cinquième est typique de la « cataloguisation » du mythe. On ne devrait la trouver que dans des livres sulfureux, au cours de recherches plus approfondies. La signification des termes (Tindalos, par exemple), ne devrait pas être révélée tout de suite. On peut s’arrêter là.

Enfin, la sixième est a manier avec précaution. Elle ne devrait venir qu’a la fin (de la campagne), dans des ouvrages interdits. Et cette appellation devrait toujours être « conditionnelle », contradictoire, multiple (on l’appelle dans l’antiquité….).

Tout ça est conforme à la règle de la distance narrative. Dans tous les cas, nommer la chose, c’est déjà poser son existence. Aucun des personnages d’HPL ou des autres auteurs évoqués ne fait une chose pareil. Donc voici une action pour intégrer cela  :

Lorsque vous [PJ, PNJ ou joueurs]  évoquez la chose à voix haute…

+ 10 Choisissez 2

7-9 choisissez 1

Vous ne créez pas leger de malaise autour de vous (perte de « san » ou risque de perte)

Votre santé mentale n’est pas legerement affectée (idem)

Vous n’attirez pas l’attention de quelque chose

6 – les 3

L’action devrait même concerner les joueurs, en plus des personnages ! Et si la chose est évoquée par son « nom » (du mythe, pour peu qu’on le possède), l’action devrait être entraîner des conséquences encore plus sévères. Inversement, pour inciter les joueurs à s’approprier les noms du « 1er degrés » (1 à 3 ), on pourrait imaginer une action plus facile un bonus, ou tout simplement aucune action, donc aucune conséquence particulière.

la…le, jeux veux dire, la chose du brouillard….

On peut aussi imaginer que la caractéristique associée soit une sorte de « Mythos ou sans inversée »: au plus il monte, au plus le personnage peut prononcer des choses innommables à la cantonade. Avec les conséquences que cela entraine….

Mais taisez vous donc, Docteur Patterson !

Les personnages les plus versés dans l’occultisme (j’y reviendrai) devraient avoir plus de facilité à évoquer le chose.

 

Lorsque vous [PJ, PNJ ou joueurs]  évoquez la chose à voix haute…

Vous obtenez +2 à votre jet

 

Ce qui la aussi, n’empêchera pas les autres personnages d’en subir les conséquences potentielles (vous remarquerez qu’avec 10+, on ne peut choisir que 2 options).

Mais arrêtez donc ces insanités, Professeur Atkins !

Cela s’applique aussi lorsque les personnages lisent des extraits de livres interdits ou écrits maudits préparés par le Gardien, ce qui peut les forcer à hésiter lorsque arrive le nom de la chose, ou la prononcer par inadvertance avec les conséquences que l’on sait.

Mais cela qui a écrit ça était dément !

Remarquez, les réaction aussi peuvent faire l’objet d’une action…

Lorsque vous manifestez votre refus de croire….

Action qui peut entraîner la sauvegarde de sa « santé mentale », au détriment peut être, de la connaissance. Nous y reviendrons, mais vous observez déja comment la mécanique des actions peut émuler le comportement des protagonistes Lovecraftiens autour de la table et mettre des enjeux dans la conversation et le « roleplay ». Nous y reviendrons.

Vous me direz, avec tout ça, on peut délivrer plus facilement aux joueurs des noms « mythiques » aux créatures et entités, tout en sachant que de toute façon, les personnages (et les joueurs) prendrons des pincettes.

Vous l’aurez compris, rien que le « nommage » des bestioles permet déjà de créer un ambiance considérable et de mettre en branle un tas de réactions.

A suivre

Ce mytho-tron sera probablement suivi d’un biblio-tron (générateur de livres maudits) et de deux autres générateurs, l’un pour les descriptions indicibles, l’autres pour les noms lovecraftiens de déités.

En conclusion, nommer la chose, c’est tout une histoire.  Montrer la chose encore davantage.

Car c’est moins la chose elle même que son existence – ne serait ce que supposée, sans aucune certitude absolue – qui est source d’anxiété. Tant qu’elle n’est pas nue devant nous, elle reste innomable, refuge des pires cauchemars. Et si elle se donne a voir finalement, l’horreur devrait naitre de la familiarité qu’elle a entretenu avec le monde et les personnages, de son rapport contre nature, intime tout ce temps, avec la plate réalité. C’est encore abstrait ? On y reviendra. Oh oui.

En attendant, vos commentaires, cris de haine et hurlement d’effrois frappés sur le clavier d’un brusque et grotesque geste mécanique sont bienvenus.

 

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  2 comments for “Horreur Cosmique atelier #6 : le mytho-tron, toi aussi, crée ton poulpe au pied levé

  1. Sildoenfein
    15 mars 2015 at 14 h 56 min

    Le mythotron, il faut voir quelle est sa place dans le système avant de pouvoir vraiment en dire quoi que ce soit. Comme générateur de nom-idée de départ, pourquoi pas. Comme non à coller sur une Horreur déjà définie par ailleurs, c’est moins bien. Mais est-ce que l’horreur et sa progression est préparée par le meneur ? Est-ce qu’elle est improvisée par le MC ? Ou en collaboration avec les joueurs qui peuvent lors de « jets de perception » décrire ce qu’ils découvrent ?

    Comme table de vocabulaire (vieille tradition appel de cthuluienne), ça fonctionne. En tant que générateur aléatoire, il ne fonctionne pas encore vraiment (l’enfanteur qui bave du chaos ? l’insecte mort ? celui antédiluvien dans les profondeurs ? ceci en prenant simplement des lignes, pas en cherchant à le pousser dans ses retranchements) Est-ce que L’approche plus orthodoxe AW ne serait pas d’avoir une liste de noms déjà composés et vraiment bien choisis ? Mais ce serait moins riche.

    Sur l’évocation de la choses… est-ce que cela va fonctionner en jeu avec un groupe de pj qui _doivent_ en parler ? Ca peut créer une tension intéressante. Je n’en sais fichtre rien. Je pense qu’il faut tester. Je me demande s’il ne serait pas plus logique avec les auditeurs « quand vous entendez parler de la chose (y compris lorsque c’est votre propre voix) ». Mais je suis très curieux de voir les effets en jeux. De nouveau, voir comment c’est lié au reste du système. Pour le résultat 6-, je ne suis pas fan (question de goûts ?). (Pour chicaner, cela devrait être « aucun des trois » plutôt que « les trois ».)

  2. Maitresinh
    17 mars 2015 at 10 h 41 min

    Merci du commentaire. Exigeant ? Tant mieux ! 🙂 Ca me pousse en avant

    Coté fonctionnel, je travaille sur un mtyho-tron 0.2 que je remettrait en ligne. L’idée c’est de séparer intranstifis/transitifs et de mettre définir les connections possible sur chaque colonnes en amont/aval.

    Travaille sur la matiere premiere de HPL me plait bien, ca ouvre des portes. Pour répondre à ta question, je pense que le Mytho-tron peut finalement etre plus qu’un outil de nommage. J’en reparlerai, mais je pense qu’il est un outil d’impro pour le gardien, avec un aller retour Actions des joueurs portant sur des questions choisies dans leur liste- réponses du MJ qui a force de loi.

    L’univers et la fiction et ainsi co-crée tout en respectant la frontiere narrative.

    Concretement, me mythotron pourrait etre une sorte de Tarot: le MJ tire et sort une apparition plus ou moins précise sur le pouce. Les questions des joueurs viennent alors l’enrichir et le préciser, si nécessaire avec d’autres outils pour le MJ

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