ExoGlyphes #3 : où vont les agents qui ont perdu toute leur SANté mentale ? Une balade à la ferme, extrait…

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La troisième nouvelle du cycle de la Laverie est parue en VF ! Vous êtes encore à temps de rejoindre ExoGlyphes et découvrir comment Charles Stross  implante le Mythe de Cthulhu dans l’univers geek et l’Angleterre d’ici et maintenant. Voila une mise en bouche, avec la découverte de ce que deviennent les agents de la Laverie dont la santé mentale est tombée à zéro…

 

Ah, les joies de l’été… Ici, dans le sud-est de l’Angleterre, c’est la saison des moustiques, des coups de soleil et des coupures d’eau. Je suis un gars de la ville, et vous pouvez donc ajouter une pollution étouffante causée par un million de familles et autant de 4×4 inutiles qui foncent vers leur camp de vacances. N’oublions pas non plus le Tube et ses stations infernales (et pas seulement au sens figuré, comme le savent tous ceux qui ont déjà étudié une carte des Transports publics de Londres et ont reconnu les tracés ésotériques qui courent entre les symboles superposés).

Mais je m’égare…

***

« Il existe des choses que les mortels ne doivent pas savoir », proclamaient les anciens, et ils avaient tout à fait raison. Le personnel de la Laverie (c’est le nom de notre organisation, rien à voir avec le linge sale) est parfois exposé à des horreurs indicibles. Je ne parle pas des présentations PowerPoint et des sessions d’auto-évaluation qu’on trouve dans toutes les bureaucraties qui se respectent, mais plutôt de ces « pires choses qui arrivent en mer », surtout à proximité des cités extraterrestres sous-marines occupées par des monstres à tentacules.

Quand l’un des nôtres a besoin d’un traitement psychiatrique, on ne l’envoie pas dans un cabinet en ville ou dans un hôpital normal : nous ne voulons pas que nos agents déballent des informations secrètes au grand public, même entre les murs relativement étanches des cellules capitonnées. On préfère s’en occuper nous-mêmes.

Je ne vous dirai pas quelle ville abrite l’Asile des fous. Comme la plupart de nos bâtiments, c’est une antiquité. Le gouvernement l’a confisqué lors de la Seconde Guerre mondiale et ne l’a jamais rendu à ses anciens propriétaires. Il est difficile à trouver. Il est au centre d’un triangle de rues commerçantes qui ont connu des jours meilleurs. Aucune fenêtre ne donne sur l’Asile, seuls de hauts murs de briques contemplent son unique entrée. Pour y accéder, il faut d’abord pénétrer dans une petite épicerie, passer dans l’arrière-boutique, déverrouiller une porte en bois totalement anodine et traverser une allée sombre et tachée de suie. Impossible sans autorisation, évidemment. Des tects très puissants protègent la ruelle humide : ils feraient vomir des projectiles sur les cambrioleurs qui auraient l’imprudence de s’y aventurer. Bref, je me retrouve face à une grosse porte verte en bois entourée de fenêtres étroites ornées de barreaux en fonte peints en noir. Une plaque criblée de trous à côté de la sonnette proclame que je suis en face du Foyer des enfants abandonnés et mécontents de Saint Hilda de Grantham. Son corps de métier a changé : aujourd’hui l’institut s’occupe de possédés par les démons.

***

— Voici l’entrée de la galerie d’observation. Retenez bien deux choses. D’abord, les infirmières ne peuvent pas garantir votre sécurité : si vous avez des ennuis avec les prisonniers, vous devrez vous débrouiller seul. Deuxièmement, la galerie est une cage de Faraday reliée à la terre sur le plan thaumaturgique. Il faudrait une messe noire et un sacrifice de masse pour aboutir à quelque chose. Vous pouvez observer les appartements grâce aux périscopes et aux tubes d’écoute. C’est la meilleure façon de voir les occupants. Vous pouvez rentrer dans l’aile sécurisée depuis l’autre extrémité de la galerie, mais je vous demanderais de ne vous y rendre que si c’est absolument essentiel ; ils sont déjà assez difficiles à gérer comme ça. Enfin, si vous insistez vraiment pour les rencontrer, n’oubliez pas que les apparences sont trompeuses. Ce ne sont pas des déments, ils sont simplement très dangereux. Et pas à la manière fruste d’un Hannibal Lecter. Les patients à long séjour ne sont pas des cas ordinaires du syndrome Krantzberg. Ils sont stables, communicatifs, mais… Vous verrez bien.

Je change de sujet avant qu’elle ne m’effraie encore plus.

 

La suite sur ExoGlyphes. Pour information, il ne reste plus que 25 places « early bird » pour les versions papier.

 

Crédit image : Chtulhu coloring book, sur Esty.com.

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