Qui a tué le JDR ? épisode 1 : la main de Satan

 

Pingry School Dungeons and Dragons Club, 1984, publié par Greyhawk Grognard

Pingry School Dungeons and Dragons Club, 1984, USA, publié par Greyhawk Grognard

il fut un temps ou les joueurs de jeux de rôles se comptaient par plusieurs centaines de milliers, un temps ou cet Eldorado attisait l’appétit des grands noms de l’édition et de la distribution. Et puis au début des années 90, ce fut l’hémorragie. Les joueurs, eux, ont une batterie d’explications récurrentes pour expliquer ce Moyen-Âge ludique. Parmi elles: « les affaires » médiatiques dont celle dite « de Carpentras ». Cet article rapporte sous une forme synthétique mes recherches et réflexions à ce sujet, dans le cadre du futur ouvrage « Geek & Dragons ».

 

 

Pourquoi ressasser tout ça 20 ans après ?

Cet article n’a pas pour but de se complaire dans une identité communautaire sur le mode de la persécution. Si ces affaires sont dignes d’intérêt, c’est qu’elles nous apprennent bien d’autres choses, au delà du JDR, sur la société française, ses institutions, et ses travers, toujours aussi actuels.

La démarche a été d’abord de s’intéresser aux faits de manière précise, en relevant les articles de presse et les diffusions télévisées. Les sources US sont quant à elles fournies par google. A partir de tout cela, un brouillon de timeline a été réalisé, pour vous aider à suivre (il ne comporte pas toujours suffisamment de détails à ce stade sur chaque événement) et pour établir des relations. Bien sûr, j’avais quelques hypothèses en tête et des outils conceptuels, comme la « mise en agenda » ou les « paniques morales ». Leur application suppose d’élargir le champs de l’étude non pas seulement aux affaires françaises, mais aux affaires US, et en particulier au champ sémantique récurrent (notamment le « satanisme »).

 

 

(cliquer ici si la timeline ne charge pas )

Les campagnes médiatiques « anti jeux de rôles » en France

Voici les principaux faits que l’on peut noter au sujet de l’affaire médiatique française

  • Pour ce qui est de la télévision, de 1986 à 1993, le JDR est présent sur les chaînes régionales (FR3), souvent pour rendre compte d’un « tournoi de jeu de simulation » (sur des « décrochages » locaux), et absent des autres chaînes (nationales) . Ce n’est pas un thème pour elles. Pendant tout ce temps, l’accueil est neutre, près du public et des faits.

 

  • On trouve dans la presse française, avant cette date, des articles « inquiets » sur le JDR, explicitement ou implicitement liés (ou reportant) les affaires américaines, à propos du « satanisme » et des « risques psychologiques », avec un impact très faible. On retrouve ces rapports directs d’événements américains dans les années 96-97 à la télévision.

 

  • L’impact médiatique est concentré entre 1994-96. Donc bien après l’affaire de Carpentras, qui débute en 1990. De 1990 à 1993, aucun lien n’est fait entre le JDR et l’affaire.

 

  • Jean-Marie Abgrall spécialiste des sectes et donc du jeu de rôle…sur TF1

    En avril 1994, une autre affaire, le suicide de Christophe Maltese (qui était joueur de jeu de rôles), est la première à avoir un impact médiatique important, à travers  la presse, puis très rapidement à la télévision. Cette affaire semble mettre les acteurs (Abgrall…) et le discours (les sectes, les dangers…) en place pour le lien qui se développe peu après entre l’affaire de Carpentras, les « satanistes » et les « jeux de rôles ».

 

  • En 1997, l’affaire de Carpentras est officiellement close, et même si le mal est fait, on ne parle pratiquement plus du JDR dans la presse (en mal ou en bien), ni à la télévision.

 

  •  L’intérêt pour le « satanisme » semble perdurer un an ou deux (avec l’affaire de Toulon, copycat inspiré de la médiatisation de Carpentras) et s’éteint rapidement faute de matière. Mais en même temps, TF1 rebondit sur le jugement final, et semble capitaliser sur le thème des « néo-nazis » que l’on retrouve très souvent dans les sujets associés à « internet » à partir de 1997. C’est aussi l’époque d’une nouvelle panique morale autour des « raves party » et de la « drogue ».

L’Affaire de Carpentras, 1994-1997

 

  • Sur les affaires et le sensationnel, la presse papier était « en avance » et semble préparer le terrain.

 

  • Le traitement de la réalité se dégrade en passant des chaînes de télévision locales aux chaînes nationales. Alors que ces dernières disposent de plus de moyens, et, en principe d’une responsabilité proportionnelle. Si TF1 à lancé l’affaire, les chaînes publiques lui emboîtent immédiatement le pas, et il n’y a pas de différences de traitement. FR3 rentre dans le moule, alors que sont traitement était auparavant très différent.

 

  • Tout l’affaire est très concentrée dans le temps. Elle est emmenée par le suicide de Christophe Maltese, qui « prépare » très vite l’affaire de Carpentras, accompagnée par des affaires secondaires créées de toute pièces (ou suscitées par la médiatisation comme l’affaire de Toulon). S’il en manque, on va les chercher à l’étranger (l’affaire Javier Rosado en espagne en février 1997). Inversement, la médiatisation disparaît pratiquement aussi rapidement qu’elle a commencé.

La main de Satan derrière tout cela…

Si on se penche sur le contenu de ces médiatisations, on est surpris une thématique particulière, celle du « satanisme ». L’incompétence et la malveillance des acteurs de la médiatisation ne sont pas à exclure mais elles ne peuvent expliquer à elles seules pourquoi cette focalisation, à ce moment et sur cette pratique, et d’ou sortent certains « récits » incongrus sur le « Satanisme », associés au jeu de rôle.

Une simple recherche montre que ce thème était auparavant absolument étranger aux médias français. Et pour cause. Un retour sur les faits s’impose, en regardant du coté des USA

 

  • Le « satanisme » est institutionnalisé aux USA a partir de 1969, avec la publication de la « bible sataniste » puis la naissance d’une véritable Église du même nom. Notons que à l’instar de toutes les autres religions, celle ci est protégée par la constitution. Il faut donc avoir à l’esprit que, lorsqu’aux USA, on parle de satanisme, il est question d’un groupe religieux studies_in_crap_devils_knot_covercomme un autre.

 

  • Ce satanisme est une réaction américaine à la pré-éminence du fait religieux, mais qui n’arrive pas à s’émanciper de celui-ci puisqu’il lutte contre la religion (le judeo-christianisme) à l’intérieur de la religion. Lorsqu’en Europe, particulièrement en France, l’opposition à la croyance religieuse (chrétienne) prend simplement la forme de l’athéisme, très répandu, il prend aux USA celle de l’Antéchrist, c’est à dire qu’il se développe toujours dans le cadre religieux. Ainsi, le Satanisme n’est rien d’autre qu’une des traductions américaines de notre bon vieux athéisme. C’est d’ailleurs le credo officiel (et provocateur) de l’Église sataniste, qui met en avant l’individu, la jouissance, le fait que l’homme n’est qu' »un animal comme les autres », ce qui, ont l’imagine, est profondément subversif pour une majorité de la population américaine, affiliée à l’une des nombreuses sectes protestantes.

 

  • Au moment ou se déroule l’affaire de Carpentras, le satanisme (institutionnalisé) fait l’objet d’une « panique morale » aux USA entre 1987 et 1995. Elle se clos symboliquement cette année là avec la sortie du téléfilm Le Silence des innocents (Indictment: The McMartin Trial) relatant le long procès de McMartin, innocenté, au sujet d’affaire de pédophilies qui seraient liées a des pratiques « satanistes ». Il est intéressant  de noter que le titre français à changé (l’affaire étant totalement inconnue du grand public), tout comme les références aux satanisme, disparues de l’article Wikipedia français.

 

  • La première grande médiatisation qui démarre cette idée de l’association entre « satanisme » et pédophile aux USA remonte au best seller « Michelle remembers » (inédit en français) en 1980.  Un livre donc, et non un journal ou une émission de télévision. Le procès McMartin débute en 1983-84…

 

  • C’est dans ce contexte qu’apparaît la BADD (association de lutte contre « Donjons et Dragons »), qui ne s’intéresse pas seulement aux JDR, mais à tous les aspects de la culture populaire américaine suspects (pour sa fondatrice) d’entretenir des rapports ou des sympathies avec le « satanisme » (l’Église donc): à l’époque, la musique métal et la fantasy. Lorsque la panique morale sur le satanisme disparaît, la BADD également, ce qui est révélateur des liens.

 

  • En France, nous avons eu aussi une grande hytérie anti-pédophile, l’affaire Outreau, qui malgré le non-lieu, a laissé des traces. A noter que si l’affaire commence vers 2003, elle remonte a des faits datant de 1997. Surtout, à la différence de l’affaire américaine, elle ne comporte absolument aucune référence au « satanisme ». Et pour cause, puisque ça ne fait aucune sens dans un pays sécularisé comme le nôtre. Cet élément n’a réussi à être intégré dans un récit qu’en l’accolant a un autre phénomène tout aussi inexistant et incongru dans l’opinion (donc potentiellement suspect), le jeu de rôle.

 

  • En France, le lien n’est pas fait uniquement entre JDR et satanisme, mais laïcisé, car élargi aux « sectes » par J.M. Abgrall. Le satanisme apparaît davantage comme un élément rajouté initialement par TF1 dans son « récit » au sujet de l’affaire de Carpentras, qui trahi le processus de mise en agenda à partir de sources américaines (explicitement citées jusqu’en 1997 dans les derniers reportages sur le « Satanisme »)

 

  • La panique morale en France (1994-1995) se focalise sur le JDR (et non pas le satanisme en lui même) et arrive à la fois a la suite et en retard par rapport aux USA. En ce qui concerne le JDR, la BADD est discréditée aux USA en 1990, mettant un terme à sa présence médiatique, et la panique morale se termine entre 1992 et 1995.

 

 

Mes conclusions générales

 

  • Le « satanisme » joue un rôle fondamental, mais est totalement lié au contexte culturel américain et simultanément totalement étranger dans le contexte français laicisé. Il prend donc difficilement sens dans les récits médiatiques, confus et nébuleux.

 

  • Sa présence dans la presse française, dans la seconde moitié des années 80 (liée au JDR)  trahit son mode de fonctionnement et les sources auxquelles elle s’abreuve (essentiellement américaines). C’est aussi probablement le cas de J. M. Abgrall dans le domaine académique, qui a ensuite « traduit » ces sources dans le contexte laïque français (où les sectes ne sont plus de simples groupes religieux mais des groupes d’illuminés suspects).

 

  • Les journalistes, en particuliers ceux observés, ne s’intéressent pas seulement aux faits (pour rappel….). ils les sélectionnent, construisent et surtout reproduisent un modèle « narratif » pré-établi, venant des USA, qu’ils recherchent en France. Le suicide de Christophe Maltese en 1994, répond au patron américain inauguré en 1979 et 1982 sur les « risque de suicide », par exemple qui pousse a reproduire la même association entre JDR et suicide. En d’autres termes, toutes les « affaires » sur le JDR  en France sont « importées » des USA et (mal et tardivement) adaptées dans le contexte français. Ces affaires révèlent (sans trop de surprise) une « mise en agenda » systématique des informations présentées par les journaux télévisés à partir de sources américaines, sans pour autant qu’elles aient une existence ou une pertinence dans le contexte français.

 

  • L’impact sur le public sera pendant longtemps quasiment nul, et pour cause : le JDR est inconnu en France, et le satanisme incongru, étranger à toute réalité pratique ou culturelle. Il faudra attendre l’affaire de Carpentras et la médiatisation télévisée pour arriver à adapter la notion de satanisme et générer du sens autour d’une « narrative », d’une histoire (un minimum) cohérente pour le public, mais qui s’étiole rapidement.

 

  • La « mode » du satanisme va bénéficier de l’aura sulfureuse de cette panique morale. Les mouvements gothiques, metal et autres décollent en France dans les 90s. Les ados en redemandent. Le JDR devient « cool » aux yeux de ceux-là, ce qui tend à renforcer l’amalgame. Le JDR dans les années 90 est marqué par un cousinage « dark-gothic » qu’il subit, mais qu’il alimente aussi avec le succès de jeux comme Vampire (Nephilim, Kult, etc…). On notera d’ailleurs que le jeu In Nomine Satanis s’exporte à la même époque aux USA, mais perd son « Satanis » au passage, et y gagne beaucoup de sérieux. On ne plaisante pas là-bas avec ces choses là.

 

  • Cette panique morale a servi à renforcer l’esprit communautaire chez les joueurs. La FFDJR est créée en 1997, dans la foulée des tentatives pédagogiques de Casus Belli.

 

  • Et surtout : en 1995, le nombre de joueurs avait déjà chuté dramatiquement depuis plusieurs années, repassant pratiquement en dessous de celui qu’il avait atteint une dizaine d’années avant. On ne peut donc établir un lien de cause à effet entre la chute du nombre de joueurs et les affaires. Mireille Dumas et Jean-Marie Abgrall sont peut être relativement incompétents et en tout cas des exutoires symboliques tout trouvés. Mais ils ne sont pas la cause de la « chute ». Ils ont peut être même, dans une certaine mesure, contribué à encourager la formation d’une « communauté » autour d’une pratique ludique.

Qui a tué le JDR ? Suite de l’exploration au prochain numéro

 

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  9 comments for “Qui a tué le JDR ? épisode 1 : la main de Satan

  1. JeanMi
    16 septembre 2015 at 21 h 56 min

    Bonjour,
    En octobre 1995, il y a un « Bat les masques » organisé par Mireille DUMAS qui a fait beaucoup de dégâts.
    A l’époque je travaillais comme animateur en cente de loisir et j’avais une activité JdR avec les pré-ados les plus durs, ceux qui étaient en centre depuis l’âge de 3 ans et qui connaissaient mieux les locaux que nous.
    Après l’émission, des parents inquiets ont fait pression sur la municipalité et le directeur m’a dit que cette activité était suspendue.
    Les divers club de JdR que je connaissait ont eu les pires ennuis, les clubs de collèges et de lycée ont du fermer leurs portes et pour les associations plus adultes, il est devenu très difficile de trouver des MPTs acceptant d’héberger leurs activités.
    Merci Mme DUMAS d’avoir fait autant de mal en disséminant des mensonges.

  2. Labelle Rouge
    17 septembre 2015 at 9 h 50 min

    Il y a aussi eu le fameux numéro de Zone Interdite avec Decarolis. Là, c’était un espèce de summum : on vu Mr Guiserix en interview sauf que ce n’était pas Mr Guiserix et que l’acteur racontait n’importe quoi.

    • Maitresinh
      17 septembre 2015 at 9 h 53 min

      C’est mentionné dans la timeline.Tu noteras que ce genre d’approximation n’est propre au JDR (il y a des tonnes d’autres exemples et l’émission est toujours la)

  3. Didier Guiserix
    17 septembre 2015 at 11 h 07 min

    Belle mise en perspective de la chronologie et des sources! Je me permet quelques précisions qui me semblent utiles:
    L’émission Bas les masques me semble au contraire la bombe atomique qui a ruiné de manière durable la pratique du Jeu de rôle en France. Car contrairement à Témoin n°1 ou Zone interdite, très regardés mais avec une vague conscience de leur sensationnalisme, Bas les masque est plutot pris comme les « révélations et bons conseils de la grande sœur Mireille Dumas » aux ménagères déboussolées par un monde complexe.
    Sa parole est donc d’évangile pour ses centaines de milliers de fidèles spectateurs (et surtout trices), et c’est suite à cette émission que toutes les « petites structures » qui accueillent un petit club (collèges, lycée, MJC ou Groupement d’assos municipales) vont faire savoir aux joueurs de « ça ne va plus être possible ». Certains avec la même hargne que la BADD outre-atlantique (des joueurs animant un stand sur un salon du livre se sont fait cracher dessus par un groupe de jeunes qui se sentaient en force) d’autre à regrets (« on sait que c’est des conneries, mais on ne va pas s’opposer aux parents/électeurs, désolés »).
    Environ 15 000 petits clubs (et des dizaines de gros) vont fermer de cette manière, privant les joueurs de local de jeu.
    L’émission de Mireille Dumas n’est pas une simple opportunité de sujet, mais (info obtenu auprès de journalistes de son équipe) un réquisitoire volontaire pour complaire à une amie mère de rôliste.
    L’émission utilise de nombreuses recettes de la propagande, comme Mireille Dumas assénant l’idée que le JdR est directement responsable de la mort de son fils à la (belle)mère de Christophe Maltèse, et celle-ci, visiblement émue, acquiesçant de la tête : en fait un « plan de coupe » tiré du filmage continu, alors que dans la réalité la belle-mère réfute cette accusation simpliste (mais la plan est coupé). C’est après cette diffusion que les parents dégoutés, comme me l’ont raconté, cesseront toute action auprès des médias.
    Car il faut encore préciser deux choses:
    – Sur le suicide de Christophe, ce sont les parents qui ont pris l’initiative de faire intervenir les médias locaux d’Amiens, car des semaines après le drame, et malgré l’insistance de leur avocat, ils n’avaient pas pu récupérer les affaires personnelles de leur fils (qu’ils savaient jouer au jeu de rôle ainsi qu’à divers autres jeux (wargame, figurine)). Ils ont donc légitimement craint que les autorités (internat, police) ne cherchent à cacher des éléments qui auraient pour nuire à l’établissement ou à des personnes impliquées (profs?). L’engrenage médiatique à fait le reste.
    – Sur l’intervention du docteur Abgrall : les éléments fournis par les parents, notamment le mutisme total des camarades de jeu de Christophe, ont pu laisser imaginer un sorte de « mini dérive sectaire » dans le groupe de joueurs. Il n’est pas illogique que Témoin n°1 ait fait appel à lui, qui était intervenu dans cette émission sur le sujet des sectes : le Dr Abgrall a aidé plusieurs victimes de la Scientologie à établir les méthodes d’embrigadement dont ils disaient avoir été l’objet, soit pour s’en sortir, soit pour engager des poursuites.
    Manque de chance, le docteur suivait aussi des patients souffrant de troubles divers et… rôlistes. Le discours d’un rôliste « normal » de l’époque étant déjà furieusement geek, celui de ses patients lui laissait entrevoir une possible mauvaise influence du JdR sur leur état, d’où un discours très méfiant envers le JdR.
    Le Dr Abgrall a été invité, plus tard, à une convention de JdR dans la Région de Toulon, et il a exprimé ses regrets aux joueurs présents pour les dégâts involontaires qu’a pu entrainer pour la communauté roliste ses interventions, faites de bonne foi et dans un de prudence vis-à-vis de personnes justement attirées par le JdR pour soulager un trouble ou un malaise, que le JdR appaise mais ne soigne pas…
    Pour finir sur un rire jaune: précisément lors de cette convention, une dame d’une cinquantaine d’année a cherché à rencontrer le Dr, car, nous a-t-elle expliqué, elle était « prise malgré elle dans un jeu de rôle grandeur nature dont les organisateurs insufflaient des gaz par les aérations de son appartement, qui lui faisaient perdre la mémoire ». Belle illustration d’un fantasme fréquent scotché sur le JdR, sans même avoir à y jouer! J’espère que cette dame a pu renconter le Dr…
    Didier Guiserix
    PS: sur le commentaire Zone Interdite, ce n’était pas moi, mais… c’était un vrai joueur, pas un acteur. 🙁

    • Maitresinh
      17 septembre 2015 at 12 h 41 min

      Merci Didier. Ca mériterait un autre article.

      Je me me suis pas attaqué au discours comme tu l’a vu, j’ai essayé de prendre un peu de hauteur en analysant l’ensemble du traitement sur le temps long et au dela de la france. Je savais que sur le plan du contenu, la réalité était bien plus nuancée pour les parents de Maltese et pour Abgrall, j’avais lu ces reserves. Pour ce qui est de Mireille Dumas, je pense que tu as raison. En tout cas,c’est cohérent avec la montée en puissance de la ménagere de moins de 50 ans a cette époque. Mais sans l’affaire Maltese, elle meme « suscitée » par les affaires américaines copiées par la presse française, puis « montée » par Jacques Pradel, il est douteux que M. Dumas (ou son « amie mere de roliste) ne se soit posée de questions, ni meme n’ait appris l’existence du JDR.

      C’est un peu cette dynamique qui m’interesssait. il y a toute une genese de la panique morale, avec a sa source un copier-colleé des journalistes français, qui plus est, tres en retard sur les évenements US. Le tout avec un cautionnement « scientifique » qui prend presque toujours la forme d’un « psychologue » (il y en a eu un contre les comics aux USA, contre les « japaniseries » dans les années 80 en france, etc…

      Pour ce qui est de l’impact, tu es bien placé pour en juger. Mais tu as des sources ? Par contre, malgré les dégats, ça me semble etre plus un facteur aggravant qu’une causalité, au vu de l’évolution de la population de joueurs avant cette date.

  4. Lupin
    22 septembre 2015 at 16 h 59 min

    Bonjour,
    un peu en apparté, je trouve cette frise chronologique intéressante par les chiffres qu’elle donne. Certains sont accompagnés de leurs sources, d’autres pas.

    Saurais-tu retrouver ces sources pour ceux qui n’en ont pas ?
    Cela permettrait de regrouper les sources de telles chiffres en rapport avec le JdR (http://forums.ffjdr.org/viewtopic.php?f=56&t=17799) afin d’avoir une base crédible pour discuter du sujet…

  5. Lupin
    22 septembre 2015 at 17 h 07 min

    Au passage aussi, petite correction, la FFJdR a été créée en 1996 (on était pas loin 😉 ).

  6. Lukas
    25 septembre 2015 at 15 h 12 min

    c’est vraiment n’importe quoi cette histoire avec le jeu de role et le satanisme, on se demande comment ils en sont arrivés la.

    • Maitresinh
      25 septembre 2015 at 15 h 34 min

      C’est justement ce que j’essayais de retracer, à grands traits

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